ET POURQUOI PAS?

Dernières semaines avant la mousson qui débutera vers le 15 juin.
Il fait chaud et très humide. La poussière partout.
Mais les mangues sont délicieuses. La saison dure deux mois. Un régal.

Le Dr Tolia a cessé de travailler avec nous il y a 15 jours. C’est un médecin expérimenté et stable qui a tout le bagage pour assumer pleinement un dispensaire, à ce niveau-là elle va nous manquer.  Mais certaines incompatibilités.  J’ai donc repris à nouveau les aiguilles et les consultations au dispensaire. Ca fait toujours du bien de reprendre ce travail. Etre dans l’action, avec les gens.
Bien sûr cela retarde l’avancement de notre projet d’expansion.

La semaine dernière, un acupuncteur Sri Lankais nous a rejoints, le Dr Bandula Kumar. C’est un jeune praticien, doué, qui pratique et enseigne depuis quelques années dans une école à Colombo. Je l’ai rencontré lors de mon voyage en janvier dernier. C’est un bon élément pour nous. Il était prévu qu’il reste 6 mois, mais il partira déjà en juillet. Ce qu’il a trouvé ici n’est pas ce qu’il attendait.
Je cherche aussi depuis janvier à faire venir un médecin chinois qui resterait à Bombay pendant une année.
Sans succès: les attentats de novembre dernier ont réussi à effrayer les Chinois qui déjà n’ont pas une très bonne opinion de l’Inde.
Donc, pas mal de contre-temps, mais pas d’abandon, l’idée reste toujours bien sûr de nous étendre à d’autres bidonvilles, si pas cette année, l’année prochaine. Il faut trouver d’autres acupuncteurs, mais surtout il faut former notre propre équipe pour assurer stabilité et autonomie, car comme je vous l’avais déjà expliqué, les acupuncteurs compétents ne se bousculent pas au portillon pour faire de l’humanitaire. On les comprend…

Depuis que je vis et travaille en Inde, je suis souvent frustré de ne pouvoir offrir plus: il y a tellement de besoins, surtout d’emplois et d’argent. Mais on ne peut pas tout faire, certainement pas tout seul. Je me limite donc strictement à l’acupuncture. Or nous avons un problème majeur: trouver des étudiants désireux d’apprendre l’acupuncture et de travailler avec nous ensuite. Ma frustration, ce problème de recrutement et récemment le message d’un ami m’ont aidé à trouver une nouvelle voie, ou plutôt à préciser notre voie actuelle.

Jusqu’à maintenant je cherchais nos futurs étudiants uniquement dans les milieux médicaux, par sécurité et facilité.

Mais des gens qui ont fait 7 ans d’études veulent très justement pratiquer leur médecine et faire de l’argent, pas du social. Donc pourquoi ne pas faire de l’acupuncture et aussi créer des emplois grâce à elle? Pourquoi ne pas pousser la logique de partage et d’évolution sociale, et aller recruter dans les bidonvilles-mêmes?

Chercher des caractère rares, prometteurs mais sans études supérieures et sans boulot satisfaisant. Les chercher via des organisations caritatives impliquées et travaillant sur place.

Et les former (en anglais, médecine de base et acupuncture).
Ils travailleraient ensuite pour Acupuncteurs Aux Nus, dans nos dispensaires contre salaire. A mi-temps, ce qui leur permet d’ouvrir leur propre cabinet le reste de la journée.
C’est bien sûr une solution qui comporte pas mal d’obstacles et qui impliquera une évolution plus lente. Mais je la trouve cohérente et complète.

Il faudra continuer à recruter dans le milieu médical, car nous aurons toujours besoin de médecins pour garder notre action dans la légalité (officiellement seuls les toubibs ont le droit d’exercer l’acupuncture), pour  enseigner et superviser les non-médecins.

Dans le registre bonnes nouvelles: nous avons enfin trouvé la semaine dernière un local pour notre Centre: nouveau dispensaire d’acupuncture, un petit bureau et une pièce encore pour massages et consultations en ayurvédique. Avec eau courante et toilette! Le tout pouvant servir de local pour nos formations. Ce n’est pas très grand, mais assez. Pas mal de travaux, mais un loyer réduit ( 130 euros/mois). Pas le grand luxe (quoique), mais pratique.
Ouverture officielle le 21 mai entre 12h et 13h30, heure faste pour cette manifestation selon les astrologues et calendriers lunaires. Nous casserons donc à nouveau la noix de coco sur le seuil de la porte avant d’en répandre le lait.

Enfin, le meilleur pour la fin: le nerf de la guerre.

Une fondation belge a décidé de nous soutenir pendant trois ans, sur base d’un budget que nous leur avions soumis.

Elle ne finance pas l’entièreté du projet, mais elle nous permet de bien avancer et de voir à plus long terme. C’est un grand  pas et soulagement. Nous continuons bien sûr à chercher des finances pour clôturer 2009 et surtout pour assurer les deux prochaines années.

Vous voilà en courant de l’actualité aux pieds nus.
Merci de me lire. A bientôt.

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